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École d’été sur les techniques de survie scientifique

Maîtriser les règles du jeu de la science
12 June 2012 // by François-Nicolas Pelletier

« Pendant ma maîtrise, j’avais tout à apprendre et personne n’était là pour m’enseigner, j’étais laissé à moi-même », se rappelle Federico Rosei, professeur au Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l’INRS. Cette expérience « très négative » a failli l’écarter de la recherche pour de bon. Heureusement, le service militaire, obligatoire en Italie à l’époque, l’a forcé à prendre une pause au terme de laquelle il a décidé de donner une deuxième chance à sa vocation et de revenir au doctorat, mais dans une équipe plus stimulante cette fois. Les scientifiques en herbe sont encore trop nombreux à vivre ce genre d’expériences qui mettent leur carrière à risque. C’est pourquoi Federico Rosei et deux de ses collègues du Centre Énergie Matériaux Télécommunications, Alain Pignolet et Fiorenzo Vetrone, organisent de nouveau une école d’été sur les « techniques de survie scientifique ».

 

Les 26 et 27 juin prochains, les étudiants, chercheurs postdoctoraux et diplômés de toutes origines et de toutes les disciplines de sciences naturelles sont invités à l’École de technologie supérieure (ÉTS) pour participer à l’événement. L’école d’été prend la forme de présentations données par des gens dont les expériences sont inspirantes suivies d’ateliers de discussion. Plusieurs thèmes sont abordés : la planification de la carrière, l’importance de trouver un mentor, la recherche en industrie, la recherche universitaire, l’entrepreneurship, la propriété intellectuelle, l’éthique en recherche et plus encore.

 

L’importance de savoir communiquer ses découvertes et de cultiver son réseau personnel sont aussi au menu. « Plusieurs finissants sont excellents techniquement, mais ils ont des faiblesses du côté des “soft skills ”, essentielles à la réussite », explique Alain Pignolet. Lorsqu’il a mis sur pied la formation avec son collègue Federico Rosei, en 2003, il était aussi décontenancé par l’attitude de certains finissants, brillants mais démunis, qui entraient dans le bureau de leur professeur et leur demandaient : « Et maintenant, on fait quoi? ».

 

Que faire avec un diplôme de sciences en poches?

Car le monde de la science est vaste : il y a bien sûr la carrière universitaire, mais il n’y a pas de place pour tout le monde. « Souvent, les jeunes ne sont pas au courant de toutes les options qui s’offrent à eux avec leur bagage personnel et leur formation scientifique », soutient le professeur Pignolet. La diversité des conférenciers invités à l’école d’été vise donc à présenter quelques-unes des nombreuses possibilités qui s’offrent à eux : on y verra entre autres Stéphane Bédard, p.-d. g. de B-Temia et fondateur de Victhom, une compagnie de prothèses robotisées; Mathieu Miron, qui travaille dans une agence de propriété intellectuelle; Cedric Bisson, de Teralys Capital, un grand fonds de placement qui investit dans des fonds de capital de risque; et Ashok Vijh, de l’Institut de recherche d’Hydro-Québec, entre autres. Marc Garneau, tour à tour ingénieur, militaire dans la marine canadienne, astronaute puis politicien, sera aussi du nombre, de même que Joëlle Margot, du Département de physique de l’Université de Montréal : « Depuis que l’école d’été existe, on s’assure de toujours avoir une femme qui a eu du succès en sciences pour inspirer les jeunes chercheures », fait remarquer le professeur Rosei.

 

Il n’est jamais trop tôt pour participer à l’événement, poursuit-il : « On a des participants au postdoctorat qui nous disent qu’ils auraient aimé suivre la formation au doctorat; et ceux du doctorat nous disent qu’ils auraient aimé la suivre à la maîtrise! ». Celui qui assure également la direction du Centre Énergie Matériaux Télécommunications insiste sur l’importance de ne pas attendre la fin de son parcours scolaire avant de se poser des questions : les étudiants peuvent faire des choix personnels et professionnels plus judicieux en comprenant les clés de leur domaine et en réfléchissant à leur avenir.

 

Une boîte à outils pour créer des success story

La formation a été donnée une première fois en 2003 dans le cadre d’un cours s’étalant sur une session. Federico Rosei en a tiré un livre avec Tudor Wyatt Johnston, professeur émérite à l’INRS-EMT : Survival Skills for Scientists. Le professeur Rosei en a aussi condensé le contenu pour offrir des conférences qui l’ont mené du Japon au Brésil en passant par les États-Unis, sans compter de nombreux pays européens. L’école d’été en tant que telle a aussi été donnée aux universités McGill, de Montréal et d’Ottawa, et même en Australie ces dernières années.

 

Car le besoin est réel : même au sein de la filière universitaire, plusieurs écueils attendent les finissants. Et comme ceux qu’on trouve en mer, ils ne sont pas toujours visibles : « Par exemple, explique Alain Pignolet, il faut savoir qu’on n’écrit pas un curriculum vitae de la même façon en Europe qu’en Amérique du Nord. Ici, il est normal de se mettre en valeur, c’est beaucoup moins le cas de l’autre côté de l’Atlantique où il faut être plus pondéré. » Les différences culturelles existent même entre les disciplines : « Le monde biomédical accorde plus d’importance aux résultats qui débouchent sur une application concrète, alors qu’en sciences et génie, on est souvent satisfaits de comprendre le phénomène lui-même », renchérit Federico Rosei. Une information essentielle pour quelqu’un qui veut travailler dans des équipes interdisciplinaires!

 

Et la formation donne des résultats : Fiorenzo Vetrone, le troisième membre du comité organisateur, a participé à l’édition 2008, qui se tenait à l’Université de Montréal. En plus d’être éveillé au réseautage, il y a trouvé quelques trucs utiles pour percer : « Je n’avais pas réalisé l’importance des prix et des bourses scientifiques, qui donnent beaucoup d’attrait à un C.V. », explique-t-il. Il s’est depuis appliqué à obtenir (ou à mettre en valeur) des distinctions du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (Prix Défi Innovation et bourse postdoctorale), de la Royal Society, l’auguste société savante britannique, ou encore de l’Union internationale de chimie pure et appliquée.

 

Il a aussi réorienté légèrement ses efforts de publication pour viser des revues scientifiques qui donnent davantage de visibilité à ses travaux. Résultat : il est un « success story » de l’école d’été puisqu’il est aujourd’hui professeur au Centre Énergie Matériaux Télécommunications. « Attention, précise toutefois Alain Pignolet, on n’offre pas une recette qui garantit le succès, mais une boîte à outils. Bien que l’on puisse aider, on ne peut pas faire du réseautage à la place d’un autre, c’est aux participants d’agir après les ateliers. »

 

Et les étudiants d’aujourd’hui ont effectivement besoin d’être proactifs : le monde de la science est très compétitif. Il ne suffit plus de posséder un doctorat d’une université prestigieuse pour obtenir un poste de professeur. Enfin, comme le rappelle Alain Pignolet, « les gens qui tirent leur épingle du jeu sont toujours ceux qui en comprennent les règles ». ♦

 

Les inscriptions à l'école d'été « Techniques de survie scientifique » sont acceptées jusqu'au 20 juin.

Cliquez ici pour obtenir davantage de détails et vous inscrire.

Click here to see the summerschool webpage and register.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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