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Un diplômé travaille aux IRSC à promouvoir la recherche scientifique

Sortir des sentiers battus
14 May 2014 // by Benjamin Tanguay

Essais, erreurs et encore plus d’essais avant qu’un jour, peut-être, on puisse claironner « Euréka! ». Le métier de chercheur comprend son lot d’inconnus. Pour l’étudiant qui veut s’engager dans cette profession, la voie est tout de même bien tracée, du baccalauréat au postdoctorat, puis en laboratoire ou sur le terrain. Diplômé d’un doctorat en virologie et immunologie au Centre INRS–Institut Armand-Frappier, Étienne Richer fait quant à lui du hors-piste. Le jeune scientifique a rangé son microscope il y a plus de 5 ans et occupe depuis trois ans déjà le poste de directeur adjoint de l’Institut de génétique des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), un organisme fédéral de financement et de soutien de la recherche en santé.

 

Quotidiennement, Étienne Richer interagit avec des chercheurs, des organismes réglementaires tels que Santé Canada, des cliniciens, des groupes de patients et des agences subventionnaires de tout le pays. « C’est beaucoup de réseautage, résume-t-il tout sourire. Au fond, dans mon travail, j’ai échangé les cellules pour des gens. »

Faire en sorte que tous les acteurs d’un domaine se parlent entre eux a des impacts certains sur le terrain. « On se coordonne, par exemple, avec ce qui se fait à l’international pour éviter de dupliquer les recherches sur les maladies orphelines », explique Étienne Richer. Cadres règlementaires communs, recherche orientée vers les patients qui y prennent part et rayonnement des efforts canadiens à travers le monde, le jeune directeur adjoint n’en finit plus d’énumérer les avantages de ce type d’approche.

 

L’autre aspect du travail d’Étienne Richer est d’appuyer financièrement certains programmes de recherche. Dans ce domaine, les dossiers menés de front sont nombreux. Il souligne notamment l’engagement de l’Institut de génétique dans le projet FORGE, un effort pancanadien qui a pour but d’identifier les causes génétiques de maladies orphelines chez les enfants. Ce type de pathologies, relativement rares à l’échelle individuelle, affectent environ 500 000 enfants au pays. Grâce au séquençage à haut débit, les chercheurs peuvent désormais, en quelques jours à peine, décrypter le code génétique d’une personne à prix raisonnable. « L’Institut de génétique des IRSC a participé au financement de ce projet et a eu l’occasion de favoriser son rayonnement et de développer des partenariats à l’international », mentionne-t-il fièrement.

 

Forger le caractère

Alors qu’Étienne Richer étudiait en sciences biologiques à l’Université de Montréal, un professeur du Centre INRS–Institut Armand-Frappier a donné une conférence dans un de ses cours. « On ne connaît pas toujours l’éventail de tous les programmes d’études qui nous sont offerts, soutient Étienne Richer. Ce premier contact avec l’INRS m’a permis d’élargir mes horizons. » Il décide de s’inscrire au programme de doctorat en virologie et immunologie à l’INRS, dont il sort, diplôme en poche, en 2004.

 

Sous la direction du professeur Mathieu Cellier, Étienne Richer étudie les effets de la vitamine D sur le développement des fonctions immunitaires liées à la réponse aux infections bactériennes. Quand on lui demande de résumer son passage à l’INRS, le jeune homme met l’emphase sur les leçons apprises à l’extérieur des laboratoires. Inspiré par des scientifiques comme Suzanne Lemieux et Yves St-Pierre, qui se démarquent non seulement par l’excellence de leurs recherches, mais aussi par leur implication dans la communauté scientifique, l’étudiant aspire à faire de même. Il effectue des tests de compatibilité pour les dons d’organes, participe à des activités scientifiques auprès de jeunes du secondaire inscrits au programme Apprentis en biosciences et organise plusieurs événements comme le congrès Armand-Frappier. Étienne Richer retient de l’INRS sa vie d’étudiant en science des plus actives, les occasions de diversifier ses apprentissages et une grande proximité avec le corps professoral. « En plus de former un scientifique, l’INRS a forgé mon caractère. Elle a développé mon sens du leadership et les qualités essentielles pour faire du réseautage. »

Étienne Richer INRS diplôméÉtienne Richer INRS diplômé

Fort d’un postdoctorat en génétique des maladies infectieuses qu’il réalise à l’Université McGill, Étienne Richer fait ensuite le saut dans le monde de la recherche en industrie. Il travaille pendant deux ans chez BioMedCom, une entreprise en pharmacoéconomie, où il contribue notamment à une étude de faisabilité sur la constitution d’une banque de lait maternel pour les nourrissons québécois. Le lait maternel est-il supérieur à son substitut artificiel? Le diplômé de l’INRS devra trouver des réponses démontrant les impacts positifs du lait maternel sur la santé des nouveau-nés afin de justifier, sur le plan économique, l’implantation d’une telle banque.

 

À force d’éplucher les études scientifiques, Étienne Richer cerne une pathologie – l’entérocolite nécrosante du nouveau-né – dont la prévalence est réduite par la consommation de lait maternel. Dès lors, il s’agit de faire un calcul mathématique : d’un côté de l’équation, on place les coûts économiques et humains de cette maladie, de l’autre, ceux reliés au démarrage et à l’entretien d’une banque de lait maternel. Ces travaux concluent que la mesure est socialement rentable. Depuis son passage chez BioMedCom, le projet s’est concrétisé : Héma-Québec gère maintenant la seule banque publique de lait maternel au Québec. « Je suis vraiment très fier de ce projet qui a des impacts concrets sur le système de santé. »

 

Réseau INRS

Étienne Richer profite des activités proposées par le Réseau INRS pour renouer avec d’anciens collègues et connaître de jeunes diplômés. Au fil des discussions qu’il a avec la nouvelle génération de l’INRS, il espère que son parcours atypique pourra en inspirer quelques-uns. « Pour nos diplômés, il y a peu de modèles de personnes qui n’ont pas le parcours type du chercheur, affirme-t-il. J’espère que mon expérience montre qu’on peut faire autre chose que de la recherche dans un laboratoire. » ♦

 

Réseau INRS

Profil LinkedIn d'Étienne

Instituts de recherche en santé du Canada

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