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Une diplômée renforce le système immunitaire des cancéreux grâce à l'immunothérapie adoptive

Vaisseau sanguin
11 June 2014 // by Bruno Geoffroy

Entrée de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal. Mon guide m’attend. Sourire en coin, œil bienveillant. En quête d’un havre de paix où échanger, nous voilà propulsés dans un dédale de couloirs parfois (in)hospitaliers. Au bout du labyrinthe, une cafétéria mâtinée de blanc, de verre et de soleil nous attend comme une promesse. Celle d’une conversation palpitante avec Valérie Janelle, diplômée du doctorat en virologie et immunologie de l’INRS. Postdoctorante au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal depuis septembre 2013, elle travaille en immunothérapie adoptive, un traitement d’avenir contre les cancers du sang.

 

L’immunothérapie date d’une centaine d’années, mais ce n’est que récemment, grâce aux avancées scientifiques, que les chercheurs ont obtenu des résultats concluants. En gros, cette thérapie pour le traitement du cancer dans laquelle la communauté scientifique fonde beaucoup d’espoir stimule les globules blancs du système immunitaire d’un malade pour l’amener à s’en prendre directement aux cellules cancéreuses et éviter ainsi le recours à des thérapies plus agressives et moins ciblées comme la chimiothérapie.

 

Globules blancs à l’attaque

En pratique, « je génère in vitro des lymphocytes T – une catégorie de globules blancs – destinés aux patients atteints de leucémie ou de lymphome. Puis, je les éduque à reconnaître les peptides, la signature chimique à la surface des tumeurs. L’idée est de pouvoir injecter au patient ces cellules entraînées à reconnaître l’ennemi. C’est une véritable greffe de système immunitaire que l’on fait », explique Valérie Janelle.

 

Or, reproduire fidèlement un système immunitaire in vitro est une tâche ardue. Trop stimulées par une éducation intense, les cellules-soldates se fatiguent, s’épuisent. En stage postdoctoral pour trois ans à l’unité de recherche Immunologie du cancer – Transplantation du docteur Jean-Sébastien Delisle, Valérie Janelle doit identifier ces mécanismes d’épuisement afin de greffer un système immunitaire le plus sain possible chez les patients, un système capable, au meilleur de sa forme, de détecter la tumeur avant qu’elle ne se cache pour se développer.

 

« Dans un premier temps, l’immunothérapie adoptive sera conjuguée à des traitements traditionnels comme la chimiothérapie ou la radiothérapie. Mais l’objectif ultime serait de s’en passer complètement. Traiter le cancer comme un virus ou une bactérie est une avenue très intéressante », confie la diplômée.

 

Grâce aux fonds attribués par Génome Québec, elle travaille aujourd’hui à rendre le système immunitaire plus sain avant la greffe au patient. Un volet orienté vers la recherche fondamentale qui masque un autre pan important de ses recherches : envisager des applications cliniques à l’immunothérapie adoptive d’ici trois à quatre ans. Un défi pour demain.

Valérie Janelle INRS webzineValérie Janelle INRS webzine

Contacts humains

Après une maîtrise et un doctorat en virologie et immunologie obtenus sous la direction d’Alain Lamarre, professeur au Centre INRS–Institut Armand-Frappier, Valérie Janelle s’est détournée de la recherche fondamentale au profit de la recherche clinique. « Une transition qui s’est faite tout au long de mon parcours universitaire. Durant mes études, par contre, la ligne directrice était toute tracée : je voulais stimuler le système immunitaire pour détecter les cellules cancéreuses. » Voir concrètement ce que son travail peut apporter au patient était vraiment important pour elle. Son travail de recherche clinique à l’hôpital n’aurait pu la combler davantage.

 

Le passage de l’INRS à son milieu de travail actuel s’est d’ailleurs fait naturellement. Les connaissances transversales acquises à son alma mater l’ont bien préparée. « L’INRS a l’avantage d’être un petit milieu où la collaboration est très grande. La proximité avec les professeurs donne l’impression de parler à des pairs et d’œuvrer dans un centre de recherche indépendant et bien équipé », explique la chercheuse en immunologie, récipiendaire du Prix du rayonnement international décerné par l’INRS lors de la collation des grades 2013-2014.

 

Aujourd’hui encore, elle reste en contact avec le professeur Alain Lamarre, son directeur de thèse. Ses travaux entamés au doctorat se poursuivent grâce au travail de l’équipe de recherche du professeur Lamarre. Et bien qu’un partenariat INRS-Hôpital Maisonneuve Rosemont ne soit pas envisageable puisque peu de recherche se fait sur l’humain à l’INRS, un retour à la « maison mère » est toujours dans ses plans à long terme. Mais d’ici là, elle concentre toute son énergie à déjouer le cancer. Et, à ce jeu-là, l’immunothérapie pourrait devenir une précieuse alliée. ♦

 

Collation des grades 2013-2014 : l'INRS récompense ses diplômés

Centre de recherche de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Génome Québec

 

Suggestion de lecture complémentaire :

Anticorps d'élite pour remporter la bataille contre l'hépatite C

INRS cancer sang Valérie Janelle diplômée

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