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Colloque dans le cadre des Entretiens Jacques-Cartier

Nanotechnologies et société : Le début d'un temps nouveau
6 septembre 2011 // par Amélie Daoust-Boisvert

Le grand public comprend-il ce que sont les nanotechnologies? « Non, répond Andreas Ruediger, une pointe de déception dans la voix, mais on veut informer les personnes qui s’y intéressent, et il y en a de plus en plus. » Expert en nanophotonique et nanoélectronique, le professeur au Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l’INRS se donne le défi de les démystifier en s’impliquant dans l’organisation du colloque Nanotechnologies et Société dans le cadre des Entretiens Jacques-Cartier 2011.

Le colloque, qui se tiendra les 3 et 4 octobre prochains à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal, réunira tant des physiciens, des sociologues que des chefs d’entreprise, en provenance du Québec et de la France.

Andreas Ruediger ne peut blâmer le public d’avoir de la difficulté à se retrouver dans ce champ d’études relativement jeune, puisque même dans la tête des scientifiques, la définition des nanotechnologies n’est pas encore tout à fait établie. De plus, entre risques pour la santé et promesses de cures presque miraculeuses contre certaines maladies, les nanotechnologies, science de l’infiniment petit, suscitent des sentiments ambivalents. Alors si les participants au colloque ― ouvert à tous ―, pouvaient retenir que les scientifiques partagent les mêmes préoccupations que l’ensemble de la société, Andreas Ruediger se dirait : « Mission accomplie ».

Un vaste programme
Physicien de formation, le chercheur allemand installé au Québec depuis trois ans attend avec impatience l’arrivée de jumeaux pour octobre. Si bien que « si le collègue dans le laboratoire d’à côté manipule quelque chose de cancérogène, ça me touche directement, confie-t-il. Je ne fais pas de différence entre la société et moi; j’en fais partie. »

Federico Rosei, professeur et directeur du Centre Énergie Matériaux Télécommunications, lancera quant à lui l’évènement en exposant les dernières avancées en nanosciences et en nanotechnologies au Québec. « Il mettra la table, en quelque sorte », illustre Andreas Ruediger. Mais ensuite, exit la science fondamentale : « Ce n’est pas une conférence classique. On essaie de ratisser large », affirme celui qui parle avec fierté du programme, élaboré avec Mohamed Chaker. Ce dernier, également professeur dans le même centre, préside le Comité des affaires scientifiques de NanoQuébec.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nanoélectronique, nanobiologie, nanoforesterie, nanocellulose : les conférenciers en provenance de l’industrie présenteront les mille et une applications de cette science ultramicroscopique. Des sociologues se pencheront sur son impact sur la société. Des pédagogues aborderont l’importante question de leur intégration à l’enseignement des sciences. Tout cela sur fond de réflexion éthique. Andreas Ruediger se montre enthousiaste à l’idée de rendre cette science accessible par l’entremise du colloque Nanotechnologies et Société, et il se réjouit à l’idée de rencontrer les conférenciers. « Je suis arrivé au Canada depuis maintenant trois ans, et mon carnet d’adresses est encore un peu mince. À travers les Entretiens Jacques-Cartier, je peux rencontrer des représentants de l’industrie et de la recherche. C’est la raison non officielle de mon implication ! »,  avoue-t-il avec humour.

On n’arrête pas le progrès
Quoi de plus énervant pour un chercheur que de constater que de toutes les possibilités qu’offre la technologie qui le passionne, seuls les risques potentiels attirent l’attention de sa mère, de sa voisine ou ses amis. C’est en grande partie le cas des nanotechnologies ― à leur détriment d’ailleurs, comme ce fut le cas, dans le passé, pour d’autres technologies. Malgré tout, Andreas Ruediger soutient qu’« il faut tout de même se pencher sur les dangers potentiels des innovations nanotechnologiques. Avec l’amiante, on a attendu trop longtemps, et on a constaté quelles en ont été les conséquences et les coûts pour la société ». Une histoire dont on doit tirer une leçon, alors que comme le minerai fibreux, on peut respirer des nanoparticules sans s’en rendre compte ni ressentir d’effet immédiat.

Sans diminuer l’importance de réfléchir à la composante éthique de ces avancées prometteuses, le professeur Ruediger croit que la course (nano)technologique est entamée, sans possibilité de l’arrêter. Pendant le colloque, certains conférenciers aborderont les risques et la sécurité, deux aspects certes importants du développement des nanotechnologies, tandis que d’autres en démontreront l’immense potentiel. Pour ne citer qu’un exemple, les nanoparticules pourraient révolutionner différents domaines de recherche, comme celui de la lutte contre le cancer. « Des collègues font des recherches sur des particules thérapeutiques qui s’accumulent dans les cellules cancéreuses. Ces nanoparticules métalliques, on peut les chauffer par micro-ondes. Elles se dirigent de façon sélective vers une région bien délimitée afin d’en tuer les cellules cancéreuses, explique Andreas Ruediger. D’autres nanoparticules pourraient — et elles ne sont pas très différentes —, provoquer un cancer. On est au début d’un nouvel axe de recherche, on est vraiment tout au début », conclut sur une note optimiste le scientifique qui, tant dans son travail que dans sa vie personnelle, s’apprête à vivre une importante révolution. ♦

 

Écoutez des extraits complémentaires à l'entrevue d'Andreas Ruediger 

 

 

PHOTO //  Dans l'ordre habituel : les professeurs Andreas Ruediger et Mohamed Chaker. En arrière-plan, le Centre Énergie Matériaux Télécommunications, à Varennes.


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« Andreas Ruediger et les nanotechnologies : Le début d'un temps nouveau » de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.5 Canada. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues en contactant la rédaction en chef. © Institut national de la recherche scientifique, 2011 / Tous droits réservés / Photo (principale) © Christian Fleury / Image © Dreamstime

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